Donation et succession en 2026 : ce que vous pouvez transmettre sans impôt
Transmettre à ses enfants, petits-enfants ou à son conjoint sans impôt — ou presque — c'est possible, à condition d'anticiper. En 2026, l'abattement de 100 000 € par enfant (renouvelable tous les 15 ans) reste le pilier, une exonération temporaire de 100 000 € pour le logement court jusqu'au 31 décembre, et l'assurance-vie offre 152 500 € par bénéficiaire. Voici les règles à connaître, le piège des 15 ans, et comment avantager un enfant sans léser les autres!
Sommaire
La transmission, c'est la grande oubliée de l'épargne — jusqu'au jour où elle coûte cher. En ligne directe, le barème grimpe jusqu'à 45 % ; pour un neveu, il atteint 55 % ; pour un proche sans lien de parenté, 60 %. Pourtant, avec un peu d'anticipation, l'essentiel d'un patrimoine familial moyen peut se transmettre sans aucun impôt. Le tout est de connaître les bons leviers et de s'y prendre à temps. Chaque année, environ 410 000 successions donnent lieu à imposition en France, et c'est chaque héritier qui est redevable, individuellement.10 Mode d'emploi pour 2026.
À retenir en une phrase
Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits ; en combinant donations, dispositif temporaire « logement » et assurance-vie, un couple peut transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros en franchise — à condition de commencer tôt.
Le pilier : 100 000 € par enfant, tous les 15 ans
C'est la règle d'or de la transmission. En ligne directe, chaque parent bénéficie d'un abattementRéduction appliquée à la valeur transmise avant calcul des droits de donation ou de succession.Voir le lexique → de 100 000 € par enfant, applicable aux donations comme aux successions, et renouvelable tous les 15 ans.1 Pour un couple, cela représente 200 000 € par enfant tous les 15 ans, totalement exonérés de droits.
Attention au piège des 15 ans
Une donation consentie moins de 15 ans avant le décès est réintégrée à la succession : l'abattement déjà utilisé est décompté. Un parent ayant donné 80 000 € il y a 10 ans ne dispose plus que de 20 000 € d'abattement au décès. Passé 15 ans, la donation est « purgée » et l'abattement repart à zéro.2 D'où l'intérêt de donner tôt.
Le barème, et qui paie quoi
Au-delà de l'abattement, la part taxable est soumise à un barème progressif de 5 % à 45 % en ligne directe.3 Mais tout dépend du lien de parenté : le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, tandis que le concubin non pacsé est lourdement taxé. Les principaux abattements en 2026 :
| Lien avec le défunt / donateur | Abattement | Taux au-delà |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS (succession) | Exonération totale | 0 % |
| Enfant (ligne directe) | 100 000 € | 5 % à 45 % |
| Petit-enfant (donation) | 31 865 € | 5 % à 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % à 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
| Concubin / sans lien de parenté | 1 594 € | 60 % |
Le concubin non marié et non pacsé n'a droit qu'à 1 594 € d'abattement, puis 60 % : le mariage ou le PACS est vivement conseillé pour se protéger mutuellement. À ces abattements s'ajoute le don familial de sommes d'argent (31 865 €), cumulable avec les 100 000 €.4
L'astuce 2026 : 100 000 € exonérés pour le logement et la rénovation
C'est une fenêtre à ne pas manquer. Du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, une exonération exceptionnelle de 100 000 € par donateur (dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire) s'applique aux dons familiaux affectés à l'achat d'un logement neuf ou en VEFA destiné à la résidence principale, ou à des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov'.5 Ce dispositif se cumule avec l'abattement classique de 100 000 €. Si vos proches ont un projet immobilier, voyez aussi notre point sur MaPrimeRénov' 2026.
Donner à un enfant sans léser les autres
Question fréquente : peut-on aider davantage un enfant ? Oui, mais dans un cadre précis. La loi réserve une part du patrimoine aux héritiers dits réservataires (vos enfants) : c'est la réserve héréditaire. Le reste, la quotité disponible, peut être transmis librement à qui vous voulez.
Une donation peut alors être faite de deux façons : « en avancement de part successorale » (elle est rapportée au partage et égalisée entre les enfants — personne n'est avantagé), ou « hors part successorale » (elle est prélevée sur la quotité disponible et vient s'ajouter à la part de l'enfant gratifié).6 Cette seconde voie permet d'avantager un enfant, mais pas au-delà de la quotité disponible : sinon, les autres héritiers peuvent en demander la réduction. Un montage de ce type se prépare avec un notaire.
L'assurance-vie, l'outil de transmission n°1
Impossible de parler transmission sans elle. L'assurance-vieEnveloppe d'épargne souple combinant fonds en euros et unités de compte, à la fiscalité avantageuse, notamment pour la transmission.Voir le lexique → bénéficie d'un régime à part, indépendant des abattements en ligne directe. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI), puis d'une taxation de 20 %.7 Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique. Ces capitaux échappent en principe à la succession civile. Pour creuser, voyez notre fiche assurance-vie ; à noter que le PER ouvre lui aussi un abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de transmission avant 70 ans.
Comment s'y prendre : les réflexes
- Anticipez tôt. L'idéal est de commencer 15 à 25 ans avant le décès, pour profiter plusieurs fois des abattements qui se rechargent tous les 15 ans.
- Donnez par tranches. Plutôt qu'une grosse transmission tardive, échelonnez les donations tous les 15 ans.
- Déclarez vos dons. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les dons manuels se déclarent uniquement en ligne sur impots.gouv.fr ; le formulaire 2735 (ou l'acte notarié) fixe le départ du délai de 15 ans.8
- Combinez les outils. Donation directe, assurance-vie et dispositif « logement » sont cumulables.
- Pensez au démembrement. Donner la nue-propriétéDroit de propriété sans la jouissance du bien : le nu-propriétaire récupère la pleine propriété au décès de l'usufruitier.Voir le lexique → d'un bien tout en conservant l'usufruitDroit d'utiliser un bien et d'en percevoir les revenus (loyers, dividendes) sans en être pleinement propriétaire.Voir le lexique → réduit la base taxable : c'est le démembrementSéparation de la propriété entre l'usufruit (la jouissance) et la nue-propriété (le capital).Voir le lexique →.9
En résumé
- 100 000 € par parent et par enfant, en donation comme en succession, renouvelable tous les 15 ans (200 000 € par couple).
- Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés ; le concubin non pacsé est taxé à 60 % après 1 594 € seulement.
- Le piège des 15 ans : une donation de moins de 15 ans avant le décès est réintégrée — d'où l'intérêt de donner tôt.
- Une exonération temporaire de 100 000 € (logement neuf ou rénovation énergétique) court jusqu'au 31 décembre 2026.
- L'assurance-vie offre 152 500 € par bénéficiaire (avant 70 ans), indépendamment des abattements en ligne directe.
- Pour avantager un enfant, restez dans la quotité disponible (donation hors part) et faites-vous accompagner par un notaire.
Questions fréquentes
Combien puis-je donner à mon enfant sans impôt ?
Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant en franchise de droits, renouvelable tous les 15 ans. Un couple peut donc transmettre 200 000 € par enfant tous les 15 ans. S'y ajoutent le don familial de sommes d'argent (31 865 €) et l'assurance-vie.
Qu'est-ce que la règle des 15 ans ?
Les abattements et les premières tranches du barème se rechargent tous les 15 ans. Une donation faite moins de 15 ans avant le décès est réintégrée à la succession (vous perdez l'abattement consommé) ; au-delà de 15 ans, elle est « purgée » et l'abattement repart à zéro.
Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés. En revanche, le concubin non pacsé est taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement : le mariage ou le PACS est vivement conseillé pour se protéger mutuellement.
Peut-on avantager un enfant par rapport aux autres ?
Oui, dans la limite de la quotité disponible, via une donation « hors part successorale ». Au-delà, les autres héritiers réservataires peuvent en demander la réduction. Pour sécuriser ce type de montage, consultez un notaire.
L'assurance-vie échappe-t-elle aux droits de succession ?
En grande partie. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, indépendant des abattements en ligne directe. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique. C'est l'outil de transmission n°1 en France.
Sources & références
1 economie.gouv.fr / articles 779 et suivants du code général des impôts
en ligne directe (parent-enfant), un abattement de 100 000 € par parent et par enfant s'applique aux donations comme aux successions, renouvelable tous les 15 ans ; un couple peut ainsi transmettre 200 000 € à chaque enfant tous les 15 ans en franchise de droits.
2 Délai de rappel fiscal
les abattements et les premières tranches du barème se reconstituent intégralement tous les 15 ans ; une donation consentie moins de 15 ans avant le décès est réintégrée à la succession (l'abattement déjà utilisé est décompté), tandis qu'une donation de 15 ans ou plus est définitivement « purgée ».
3 Barème et liens de parenté
après abattement, la part taxable est soumise à un barème progressif de 5 % à 45 % en ligne directe ; le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession (loi TEPA 2007) ; le concubin (union libre) ne bénéficie d'aucun abattement spécifique et est taxé à 60 % après seulement 1 594 €.
4 Autres abattements (2026)
petits-enfants : 31 865 € par grand-parent (donation) ; neveux et nièces : 7 967 €, puis 55 % ; frères et sœurs : 15 932 € ; don familial de sommes d'argent (article 790 G) : 31 865 €, cumulable avec l'abattement de 100 000 € et renouvelable tous les 15 ans ; personnes handicapées : abattement supplémentaire de 159 325 €.
5 Dispositif temporaire 2025-2026
du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, une exonération exceptionnelle de 100 000 € par donateur (plafond de 300 000 € par bénéficiaire) s'applique aux dons familiaux affectés à l'acquisition d'un logement neuf ou en VEFA destiné à la résidence principale, ou à des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov' ; ce dispositif se cumule avec l'abattement classique.
6 Réserve héréditaire et quotité disponible (code civil)
une partie du patrimoine (la réserve héréditaire) est réservée aux héritiers réservataires (descendants, ou conjoint à défaut) ; le solde (la quotité disponible) peut être transmis librement ; une donation peut être consentie « en avancement de part successorale » (rapportée et égalisée entre héritiers) ou « hors part successorale » (prélevée sur la quotité disponible, pour avantager un bénéficiaire).
7 Assurance-vie
pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI), puis d'une taxation de 20 % jusqu'à 700 000 € ; pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique à l'ensemble des contrats ; ces capitaux sont en principe hors succession et indépendants des abattements en ligne directe.
8 Déclaration (changement 2026)
depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, toutes les déclarations de dons manuels doivent se faire par voie électronique sur impots.gouv.fr (décret n° 2025-1082) ; le formulaire 2735 ou l'acte notarié fixe la date de départ du délai de 15 ans.
9 Stratégies d'optimisation
la transmission anticipée par tranches de 15 ans, le démembrement de propriété (donner la nue-propriété en conservant l'usufruit pour réduire la base taxable), la donation-partage (qui fige la valeur des biens) et l'assurance-vie figurent parmi les outils les plus efficaces ; anticiper 15 à 25 ans avant le décès est déterminant.
10 Ordre de grandeur
la France a collecté environ 18,5 milliards d'euros de droits de succession et de donation, environ 410 000 successions par an donnant lieu à imposition sur quelque 600 000 décès ; le redevable est chaque héritier ou légataire individuellement, et non la succession dans son ensemble.