Comment sont imposés revenus et plus-values
Salaire, dividendes, plus-value en Bourse ou sur un appartement : tous ne sont pas imposés de la même façon. En France, deux grands régimes coexistent — le barème progressif et la flat tax —, plus un régime à part pour l'immobilier. Comprendre lequel s'applique, c'est déjà savoir ce que vous garderez vraiment.
Sommaire
Deux familles de revenus, deux régimes
Tous les revenus ne sont pas logés à la même enseigne. Pour simplifier, il existe trois grandes situations :
- Les revenus du travail et pensions (salaires, retraites) → imposés au barème progressif de l'impôt (de 0 à 45 %).
- Les revenus du capital mobilier (dividendes, intérêts, plus-values sur actions) → imposés par défaut à la flat tax (PFU) de 31,4 %.
- Les plus-values immobilières (vente d'un bien) → un régime à part (19 % + prélèvements sociaux), avec des abattements selon la durée.
À cela s'ajoutent, sur les revenus du capital, les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026, ou 17,2 % pour certains placements). Voyons chaque cas.
Le barème progressif de l'impôt
Le barème progressif s'applique surtout aux revenus du travail. Son principe : le revenu est découpé en tranches, et chaque tranche est imposée à son propre taux (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %). On ne paie le taux d'une tranche que sur la partie du revenu qui y tombe.
En 2026 (sur les revenus 2025), les seuils par part sont : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, puis 45 % au-delà.
Un revenu net imposable de 40 000 € (1 part), découpé selon les tranches 2026 :
Confusion fréquente : votre taux marginal (celui de la dernière tranche, ici 30 %) n'est pas votre taux réel. Sur 40 000 €, on paie ≈ 5 100 € d'impôt, soit un taux moyen d'environ 13 %. « Passer dans la tranche supérieure » n'augmente le taux que sur les euros au-dessus du seuil.
C'est pourquoi gagner un peu plus ne fait jamais baisser votre revenu net : seule la fraction supplémentaire est taxée davantage, jamais la totalité.
La flat tax sur les revenus du capital
Les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values sur actions ou crypto) sont imposés par défaut à la flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique (PFU) : un taux fixe de 31,4 %, quel que soit votre revenu.
Sur 1 000 € de gain au capital (dividendes, intérêts, plus-values) :
Le PFU se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (depuis la hausse de la CSG en 2026). Certains produits (assurance-vie, PEL/CEL) restent à 30 %, avec des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Les plus-values immobilières suivent un régime distinct : 19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 %, mais avec des abattements qui augmentent avec la durée de détention — jusqu'à une exonération totale après 22 ans (impôt) et 30 ans (prélèvements sociaux). Surtout, la vente de votre résidence principale est totalement exonérée.
Un exemple concret
Camille gagne 40 000 € de salaire (imposé au barème, TMI 30 %) et perçoit 1 000 € de dividendes. Par défaut, ces dividendes sont taxés à la flat tax : 314 €. Doit-elle plutôt opter pour le barème ?
Avec un TMI de 30 %, non : le barème lui coûterait davantage. La flat tax, qui plafonne l'impôt à 12,8 %, est plus avantageuse pour elle. Mais si elle n'était pas imposable (TMI 0 %) ou dans la tranche à 11 %, le barème deviendrait plus intéressant.
Pour vos dividendes, intérêts et plus-values, l'arbitrage se fait chaque année :
Règle simple : flat tax pour les tranches élevées (30 % et plus), barème pour les tranches basses (0 % et 11 %). C'est un choix à refaire chaque année ; en cas de doute, le simulateur officiel des impôts tranche.
À noter : l'option pour le barème est globale — elle s'applique à tous vos revenus du capital de l'année, pas seulement aux dividendes. D'où l'intérêt de simuler avant de cocher.
Bons réflexes et erreurs à éviter
Bons réflexes
- Distinguer le taux marginal (TMI) du taux moyen réel.
- Comparer chaque année flat tax et barème pour ses revenus du capital.
- Opter pour le barème si votre TMI est de 0 % ou 11 %.
- Profiter de l'exonération de la résidence principale.
- Utiliser les enveloppes (PEA, assurance-vie) pour alléger l'impôt.
Erreurs à éviter
- Croire que « passer une tranche » taxe tout le revenu au taux supérieur.
- Oublier les prélèvements sociaux (18,6 %) dans ses calculs.
- Laisser la flat tax par défaut alors que le barème serait plus doux.
- Ignorer les abattements pour durée sur l'immobilier.
- Confondre les régimes (capital mobilier ≠ immobilier ≠ travail).
S'y retrouver en 4 étapes
Identifiez le type de revenu
Travail, capital mobilier ou immobilier : le régime d'imposition n'est pas le même.
Repérez votre TMI
Votre tranche marginale (0, 11, 30, 41 ou 45 %) conditionne l'arbitrage flat tax / barème.
Comparez les deux options
Pour vos dividendes, intérêts et plus-values, simulez le PFU face au barème avant de choisir.
Pensez aux enveloppes
PEA, assurance-vie, PER réduisent ou reportent l'impôt : c'est le levier le plus efficace.
Pour aller plus loin
Pour transformer cette théorie en économies d'impôt concrètes :
Guides pour continuer
Outils et comparateurs
Questions fréquentes
« Passer dans la tranche supérieure » augmente-t-il l'impôt sur tout mon revenu ? +
Non, c'est une idée reçue. Seule la fraction de revenu au-dessus du seuil est taxée au taux supérieur ; le reste garde ses taux plus bas. Gagner un peu plus ne fait jamais baisser votre revenu net.
Flat tax ou barème : comment choisir ? +
En comparant. La flat tax (31,4 %) plafonne l'impôt et convient aux tranches élevées (30 % et plus). Le barème est souvent plus doux pour les tranches à 0 % ou 11 %. On coche la case 2OP pour choisir le barème, chaque année.
Comment sont taxées les plus-values immobilières ? +
À 19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux (36,2 %), mais avec des abattements selon la durée de détention : exonération d'impôt après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans. La vente de la résidence principale est totalement exonérée.
Les prélèvements sociaux, c'est en plus de l'impôt ? +
Oui. Sur les revenus du capital, ils s'ajoutent : 18,6 % en 2026 (ou 17,2 % pour l'assurance-vie, le foncier et l'immobilier). Ils sont déjà inclus dans la flat tax de 31,4 %, mais s'ajoutent à l'impôt si vous optez pour le barème.
Cette page est fournie à titre informatif et pédagogique. Les taux, tranches et exemples chiffrés correspondent à la réglementation 2026 (revenus 2025) et peuvent évoluer ; votre imposition réelle dépend de votre foyer fiscal, de vos revenus, d'options et de dispositifs particuliers. Ces informations ne constituent pas un conseil fiscal ni une recommandation personnalisée ; en cas de doute, rapprochez-vous de l'administration fiscale ou d'un professionnel.