L'or au sommet : les banques centrales achètent massivement — faut-il en avoir ?
Actualités — Or, matières premières & alternatifs

L'or au sommet : les banques centrales achètent massivement — faut-il en mettre dans son épargne ?

Record historique à près de 5 595 $ l'once fin janvier 2026… puis une chute de plus de 20 % en quelques semaines. Pendant ce temps, les banques centrales achètent au rythme le plus rapide depuis une décennie (863 tonnes en 2025). Faut-il suivre le mouvement et glisser de l'or dans son épargne ? Attention : une valeur refuge n'est pas un actif sans risque. Décryptage, et conseils avant d'investir.

La rédaction d'ouplacersonargent.fr
Média indépendant d'éducation financière — 100 % France
Sources officielles (Banque de France, INSEE, BCE, Caisse des Dépôts) citées en fin d'article
9 min de lecture Mis à jour le
Sommaire

    Files d'attente devant les comptoirs, records pulvérisés, banques centrales qui se ruent sur le métal jaune : l'or a vécu un début d'année 2026 spectaculaire. Mais derrière l'engouement se cache une réalité que beaucoup de débutants oublient — l'or monte fort, mais il peut aussi chuter brutalement. Avant de vous laisser tenter, voici ce qui fait bouger son cours, ce que signifient les achats des banques centrales, et la place raisonnable que l'or mérite dans une épargne.

    L'or en 2026 : montagnes russes
    ≈ 5 600 $ record l'once (29 janvier 2026) −20 % correction en quelques semaines ~4 100 $ l'once à la mi-2026 toujours très haut
    Même un actif réputé défensif connaît de fortes secousses : après son record de janvier, l'or a corrigé sèchement avant de se stabiliser à un niveau élevé.

    À retenir en une phrase

    L'or reste une valeur refuge de long terme, portée par les banques centrales et les tensions géopolitiques — mais c'est un actif volatil et sans rendement. À considérer comme un complément de diversification (5 à 10 % d'un patrimoine), jamais comme le cœur de son épargne.


    Pourquoi l'or flambe (puis corrige) en 2026

    Commençons par les faits. L'or a franchi les 5 000 dollars l'once en janvier, puis touché un record historique à environ 5 595 dollars le 29 janvier 2026 (près de 4 850 €).3 Avant de chuter de plus de 20 % en quelques semaines, pour évoluer autour de 4 100 dollars à la mi-année.3

    Cette envolée s'explique par la convergence de quatre forces : la guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz (un choc pétrolier majeur, baril autour de 110 dollars), la faiblesse du dollar, la dédollarisation menée par les banques centrales, et des achats massifs des particuliers (lingots, pièces, fonds indiciels).4 Un cocktail rare, qui a propulsé la valeur refugeL'or est un actif traditionnellement recherché en période d'incertitude politique, économique ou monétaire.Voir le lexique → à des sommets.

    Les banques centrales, premier moteur

    Le signal le plus parlant pour un épargnant, c'est le comportement des plus grands gestionnaires de réserves au monde. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 863 tonnes d'or net en 2025 — une quatrième année consécutive de forte demande.1 Et le rythme ne faiblit pas : environ 244 tonnes au seul premier trimestre 2026.2

    Achats nets d'or des banques centrales (tonnes/an)
    473 t moyenne 2010-2021 1 092 t 2024 (record) 863 t 2025
    Quatre années consécutives au-dessus de 800 tonnes créent un « plancher » de demande qui soutient les prix (source : World Gold Council).

    Pourquoi cet appétit ? Parce que l'or n'a pas de risque de contrepartie (il ne dépend de la solvabilité d'aucun émetteur), qu'il est reconnu partout, et qu'il ne peut être ni gelé ni sanctionné.9 La Pologne est le premier acheteur mondial deux années de suite, et fait notable : depuis septembre 2025, la valeur de l'or détenu par les banques centrales a dépassé celle des bons du Trésor américain, une première depuis plus de 30 ans.5

    863 tonnes l'or acheté net par les banques centrales en 2025 — bien au-dessus de la moyenne de 473 t/an des années 2010

    Un actif refuge n'est pas un actif sans risque

    C'est le piège classique du débutant. La chute de plus de 20 % début 2026, en pleine crise, le rappelle brutalement : l'or n'est pas un coffre-fort magique.6 Trois raisons expliquent qu'il puisse baisser même quand tout va mal :

    • La hausse des taux le pénalise : l'or ne verse ni intérêt ni coupon, contrairement aux obligations. Quand les placements rémunérés rapportent, l'or devient moins attractif.
    • Un dollar fort le rend plus cher pour les acheteurs étrangers, ce qui pèse sur la demande.
    • En période de stress, les gérants vendent leurs positions gagnantes — donc l'or qui a monté — pour couvrir d'autres pertes.

    Pas de rendement, de la volatilité

    Contrairement à une action (dividendePart du bénéfice d'une entreprise reversée à ses actionnaires.Voir le lexique →) ou à un livret (intérêts), l'or ne produit aucun revenu : on ne gagne qu'en le revendant plus cher. Sa volatilitéAmpleur des variations de prix d'un actif : plus elle est forte, plus le prix monte et descend brutalement.Voir le lexique → peut être forte. Sur le long terme, sa performance tourne autour de 7 à 8 % par an, mais le chemin est tout sauf une ligne droite.7

    Quelle place pour l'or dans votre épargne ?

    La réponse des professionnels est assez consensuelle : l'or est un complément, pas une stratégie principale. Longtemps cantonné à environ 5 % d'un patrimoine, il est désormais recommandé à hauteur de 10 %, voire 15 à 20 %, par certains gestionnaires.7 L'idée n'est pas de viser le point bas parfait, mais d'en détenir un peu pour diversifier — en étalant ses achats dans le temps pour lisser le risque.

    Concrètement, l'or joue un rôle de diversificationRépartir ses placements sur plusieurs actifs, secteurs et zones pour réduire le risque global du portefeuille.Voir le lexique → et de protection face à l'inflationHausse générale et durable des prix, qui réduit le pouvoir d'achat de l'argent au fil du temps.Voir le lexique → et aux crises sur le long terme. Mais il ne remplace ni votre épargne de précaution (un livret, disponible et garanti), ni un portefeuille d'actions diversifié pour faire fructifier un capital.

    Comment investir dans l'or : 4 voies

    VoieAtoutsLimites
    Or physique (lingots, pièces)Possession directe, tangiblePrime à l'achat, stockage/sécurité, aucun rendement
    ETC / ETF adossés à l'orAccès simple, frais réduits, liquideNon éligible au PEA ; pas de métal en main
    Actions de mines d'orVersent un dividende, éligibles PEA/CTOPlus volatiles que l'or (effet de levier)
    CFD sur l'or(spéculation court terme)Risqué, à éviter pour épargner

    L'or physique se décline en lingots ou en pièces emblématiques (Napoléon, Souverain, et la nouvelle Marianne-or de la Monnaie de Paris).8 Les actions de mines offrent, elles, un effet de levierIci, une sensibilité amplifiée au cours de l'or : les mines montent et descendent plus fortement que le métal.Voir le lexique → sur le cours et peuvent loger dans un PEAPlan d'Épargne en Actions : enveloppe pour investir en actions et ETF européens, à la fiscalité avantageuse après 5 ans.Voir le lexique →. À l'inverse, les CFD relèvent de la spéculation de court terme : à proscrire pour qui veut épargner sereinement.8 Pour creuser, voyez notre fiche L'or et les métaux précieux.

    La fiscalité de l'or, en bref

    Bonne nouvelle d'abord : l'or d'investissement (lingots et pièces respectant certains critères) est exonéré de TVA à l'achat. À la revente, deux régimes coexistent : la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (de l'ordre de 11,5 % du prix de vente), prélevée automatiquement ; ou, sur option et à condition de justifier le prix et la date d'achat, le régime des plus-valuesGain réalisé en revendant un actif plus cher qu'il n'a été acheté (l'inverse : moins-value).Voir le lexique → sur biens meubles, avec un abattement par année de détention au-delà de la 2ᵉ année — menant à une exonération au bout de 22 ans.10 Conservez donc précieusement vos factures.

    En résumé

    • L'or a atteint un record (~5 595 $/once) fin janvier 2026, avant une correction de plus de 20 % ; il évolue autour de 4 100 $ à la mi-année.
    • Les banques centrales en achètent massivement : 863 tonnes en 2025, +244 t au T1 2026 — un soutien structurel aux prix.
    • Mais un actif refuge n'est pas sans risque : l'or est volatil, ne verse aucun rendement, et la hausse des taux le pénalise.
    • Place raisonnable : un complément de diversification (5 à 10 %, parfois plus), à acheter de façon étalée — pas le cœur de l'épargne.
    • Pour investir : or physique, ETC/ETF adossés à l'or, ou actions de mines ; éviter les CFD.
    • À la revente : taxe forfaitaire (~11,5 %) ou régime des plus-values (exonération après 22 ans) — gardez vos factures.

    Questions fréquentes

    L'or est-il un bon placement en 2026 ?

    L'or est une valeur refuge soutenue par les achats des banques centrales et la géopolitique, mais il reste volatil (−20 % début 2026 malgré la crise) et ne verse aucun rendement. Mieux vaut le voir comme un complément de diversification de long terme que comme un gain assuré.

    Pourquoi les banques centrales achètent-elles autant d'or ?

    Pour diversifier hors du dollar, se protéger des risques géopolitiques et de l'inflation, et détenir un actif sans risque de contrepartie qui ne peut être ni gelé ni sanctionné. Elles ont acheté 863 tonnes en 2025 et ~244 tonnes au premier trimestre 2026 (World Gold Council).

    Comment investir dans l'or ?

    Trois grandes voies : l'or physique (lingots, pièces comme le Napoléon ou la Marianne-or), les ETC/ETF adossés à l'or (accès simple), et les actions de mines (plus volatiles, mais qui versent un dividende). Évitez les CFD, réservés à la spéculation, et étalez vos achats.

    L'or protège-t-il vraiment de l'inflation ?

    Sur le long terme, oui : l'or a offert environ 7 à 8 % par an et protège le pouvoir d'achat. Mais à court terme, ce n'est pas garanti : la hausse des taux peut le faire baisser, car l'or ne verse ni intérêt ni coupon.

    Quelle part de l'or faut-il avoir dans son patrimoine ?

    Traditionnellement autour de 5 à 10 %, une part que certains gestionnaires relèvent vers 10 à 20 %. L'idée est d'en détenir un peu pour diversifier et se protéger, sans en faire le cœur de son épargne ni viser le point d'entrée parfait.

    Sources & références

    1 World Gold Council

    Gold Demand Trends (29 janvier 2026) : 863 tonnes d'or achetées net par les banques centrales en 2025 (4ᵉ année consécutive de forte demande), en baisse de 21 % par rapport au record de 1 092 tonnes de 2024, mais très au-dessus de la moyenne de 473 tonnes/an sur 2010-2021 ; 230 tonnes au seul T4 2025.

    2 World Gold Council (T1 2026)

    environ 244 tonnes ajoutées par les banques centrales au premier trimestre 2026 ; demande mondiale de 1 231 tonnes pour une valeur record d'environ 193 milliards de dollars (+74 % sur un an en valeur).

    3 Cours de l'or

    record historique à environ 5 595 dollars l'once le 29 janvier 2026 (près de 4 850 €), après le franchissement des 5 000 dollars ; correction de plus de 20 % en quelques semaines ; cours autour de 4 000-4 150 dollars l'once à la mi-2026 selon plusieurs fournisseurs de données.

    4 Moteurs de la hausse

    convergence de quatre facteurs : guerre en Iran et fermeture du détroit d'Ormuz (choc pétrolier, baril autour de 110 dollars), faiblesse du dollar (Dollar Index en baisse), dédollarisation menée par les banques centrales, et achats massifs des particuliers (lingots, pièces, fonds indiciels).

    5 Dédollarisation

    Pologne premier acheteur mondial deux années de suite (+102 tonnes en 2025, réserves de 550 tonnes, objectif 700 tonnes) ; Chine, Inde, Russie et Turquie renforçant aussi leurs réserves ; en septembre 2025, la valeur de l'or détenu par les banques centrales a dépassé celle des bons du Trésor américain, une première depuis plus de 30 ans.

    6 Nature de l'or

    un actif refuge n'est pas un actif sans risque (chute de plus de 20 % malgré la crise) ; l'or peut baisser même en période de tension, notamment du fait de taux plus élevés, d'un dollar fort, et des ventes des gérants pour couvrir d'autres pertes.

    7 Performance et allocation

    performance annualisée d'environ 7 à 8 % sur le long terme ; l'or considéré comme un complément dans un portefeuille diversifié, pas comme une stratégie principale ; part recommandée passée d'environ 5 % vers 10 à 20 % selon certains gestionnaires ; intérêt d'étaler ses achats pour lisser le risque.

    8 Moyens d'investir

    or physique (lingots, pièces : Napoléon, Souverain, Marianne-or de la Monnaie de Paris) impliquant stockage et prime ; ETC/ETF adossés à l'or pour un accès simple ; actions de sociétés minières (plus volatiles) ; CFD réservés à la spéculation de court terme ; les ETF or ne sont pas éligibles au PEA.

    9 Banques centrales

    l'or détenu car sans risque de contrepartie, reconnu partout, et diversifiant les réserves face au dollar ; il ne peut être ni gelé ni sanctionné ; des coûts de production moyens de 1 200 à 1 400 dollars l'once forment un support de prix.

    10 Fiscalité de l'or d'investissement (France)

    or d'investissement exonéré de TVA à l'achat ; à la revente, taxe forfaitaire sur les métaux précieux (de l'ordre de 11,5 %), ou sur option et justificatifs, régime des plus-values sur biens meubles avec abattement par année de détention au-delà de la 2ᵉ année, menant à l'exonération au bout de 22 ans. Vérifiez les taux en vigueur.

    Cet article a une vocation pédagogique et d'information ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. L'or et les matières premières sont des actifs volatils, sans rendement, et comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les cours et données cités sont datés de juillet 2026. Pour une stratégie adaptée à votre situation, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.