Le Livret A & le LDDS
Sommaire
Les deux livrets préférés des Français : sûrs, disponibles à tout moment et totalement défiscalisés. Parfaits pour l'épargne de précautionRéserve d'argent immédiatement disponible pour les imprévus, souvent l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses.Voir au lexique →, mais à ne pas confondre avec un placement qui fait vraiment grandir le capital.
Qu'est-ce que c'est ?
Le Livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire) sont des comptes d'épargne réglementéeProduits dont les règles (taux, plafond, fiscalité) sont fixées par l'État, comme le Livret A ou le LDDS.Voir au lexique → : c'est l'État, et non la banque, qui en fixe le taux, le plafond et les règles. Résultat, ils sont strictement identiques partout : inutile de comparer les banques pour ces livrets-là.
Leur promesse est simple : l'argent est garanti par l'État (le capital ne peut pas être perdu), disponible à tout moment et les intérêts sont exonérés d'impôt. En contrepartie de cette sécurité totale, le rendement est faible. Ce sont des outils de trésorerie, pas de croissance du patrimoine.
Le Livret A reste le placement préféré des Français : il est détenu par la très grande majorité des adultes. Le LDDS fonctionne exactement de la même manière, finance en plus l'économie sociale et solidaire et la transition écologique, et sert surtout de « rallonge » défiscalisée une fois le Livret A rempli.
Comment ça marche
Les versements et retraits sont libres, sans limite de fréquence, dans la limite du plafond de versements. Quelques règles utiles :
- Un seul livret par personne. Un Livret A et un LDDS chacun ; un couple peut donc en détenir deux de chaque. Ouvrir deux Livret A est interdit et sanctionné.
- Plafonds de versements : 22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS. Soit 34 950 € défiscalisés par personne, et près de 70 000 € pour un couple.
- Le calcul des intérêts se fait par quinzaine : versez plutôt en fin de quinzaine (le 30/31 ou le 14/15) et retirez en début de quinzaine pour ne pas perdre d'intérêts.
- La capitalisationRéinvestissement automatique des gains (intérêts, dividendes) pour les faire travailler à leur tour.Voir au lexique → a lieu au 31 décembre : les intérêts de l'année s'ajoutent au capital et peuvent légalement faire dépasser le plafond.
Aucun frais d'ouverture, de versement ni de tenue de compte. Le solde minimum est généralement de 10 €.
Plafonds de versement, par personne. Capital garanti par l'État, disponible à tout moment, intérêts exonérés.
Une fois ces livrets remplis (et le LEP en cas d'éligibilité), l'épargne au-delà se place ailleurs : assurance-vie, etc.
Rendement & fiscalité
Depuis le 1ᵉʳ août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % par an. Ce taux est net : il n'y a ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociauxPrélèvements de 17,2 % (CSG, CRDS, etc.) appliqués aux revenus du capital.Voir au lexique → (17,2 % ailleurs). Ce que la banque affiche, c'est exactement ce qui est perçu.
Le Livret A est l'un des rares placements où le taux affiché correspond exactement à ce qui est perçu.
Aucun impôt ni prélèvement social sur le Livret A, le LDDS ou le LEP. Ailleurs : −17,2 % (assurance-vie, fonds euros) à −31,4 % (compte-titres, flat tax).
Le revers, c'est le rendement réelRendement d'un placement une fois l'inflation déduite : ce que l'on gagne vraiment en pouvoir d'achat.Voir au lexique →. Quand l'inflationHausse générale et durable des prix, qui réduit le pouvoir d'achat de l'argent au fil du temps.Voir au lexique → dépasse 1,7 %, le pouvoir d'achat s'effrite un peu malgré les intérêts. Après une accalmie en 2025 (0,9 % en moyenne), l'inflation est remontée en 2026 (autour de 2 % au printemps, jusqu'à 2,4 % en mai, sous l'effet de la hausse de l'énergie), ce qui fait repasser le rendement réel du Livret A en territoire négatif. Autrement dit : ces livrets protègent l'argent, mais ne l'enrichissent pas.
À noter : le LEPLivret réservé aux revenus modestes, au taux plus élevé que le Livret A, plafonné à 10 000 €.Voir au lexique → (Livret d'épargne populaire), réservé aux revenus modestes, rapporte 2,5 %, bien davantage. En cas d'éligibilité, il ressort mieux rémunéré que le Livret A.
Exemple concret
Camille garde 8 000 € d'épargne de précaution sur son Livret A. À 1,7 %, elle gagne 136 € d'intérêts sur l'année, qu'elle conserve intégralement (aucun impôt). Son livret affiche 8 136 € au 31 décembre.
Mais avec une inflation de 2 % sur l'année, il lui faudrait environ 8 160 € pour acheter ce que 8 000 € permettaient un an plus tôt. Ses 8 120 € achètent donc un tout petit peu moins qu'avant. La leçon : pour son matelas de sécurité, le Livret A est idéal (sûr et disponible) ; pour faire croître une épargne de long terme, il faut regarder ailleurs.
Camille garde 8 000 € sur son Livret A pendant un an. Intérêts gagnés, pouvoir d'achat perdu :
Le Livret A protège le capital (zéro risque, zéro impôt) mais, quand l'inflation dépasse son taux, il ne préserve pas le pouvoir d'achat. C'est le filet de sécurité, pas le moteur de l'épargne.
Pour un couple qui remplit Livret A + LDDS, soit près de 70 000 € défiscalisés, les intérêts annuels atteignent environ 1 190 €, confortable comme réserve, mais toujours sans réelle progression du pouvoir d'achat.
Avantages & inconvénients
Avantages
- Capital garanti par l'État, zéro risque de perte.
- Argent disponible immédiatement, sans frais ni pénalité.
- Intérêts totalement défiscalisés.
- Aucun frais, ouverture en quelques minutes.
- Idéal pour l'épargne de précaution et les projets à court terme.
Inconvénients
- Rendement faible, souvent battu par l'inflation.
- Versements plafonnés (22 950 € / 12 000 €).
- Ne fait pas grandir un patrimoine sur le long terme.
- Taux variable, révisé deux fois par an à la baisse comme à la hausse.
Pour qui ?
Le Livret A et le LDDS conviennent à tout le monde, mais pour un usage précis : y loger son épargne de précaution et l'argent dont on pourrait avoir besoin à court terme (moins de 2-3 ans). C'est la première brique d'une stratégie financière saine, avant d'investir.
En revanche, une fois ce matelas constitué (l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses), laisser dormir des dizaines de milliers d'euros sur ces livrets n'est pas optimal : pour un objectif de long terme, des enveloppes comme l'assurance-vieEnveloppe d'épargne souple combinant fonds en euros et unités de compte, à la fiscalité allégée après 8 ans, utile aussi pour préparer une transmission.Voir au lexique → ou le PEAEnveloppe pour investir en actions et ETF européens. Gains exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans (hors prélèvements sociaux). Plafond : 150 000 €.Voir au lexique → offrent un potentiel de rendement bien supérieur, au prix d'un peu de risque ou de disponibilité. Le bon réflexe : sécuriser d'abord, investir le surplus ensuite.
Comment commencer
Vérifier l'existant
Beaucoup de gens ont un Livret A ouvert depuis l'enfance. On ne peut en détenir qu'un seul : inutile (et interdit) d'en ouvrir un second.
Le LEP d'abord
Si le revenu fiscal de référence est sous le plafond, le LEP (2,5 %) ressort plus rémunérateur.
Ouvrir dans n'importe quelle banque
Le produit est identique partout. La banque se choisit librement ; aucune comparaison de taux n'est nécessaire.
Le bon montant
Le repère courant : l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses en précaution ; le surplus s'oriente ensuite vers des placements de plus long terme.
Outils & comparateurs
Pour aller plus loin et chiffrer chaque situation :
Questions fréquentes
Le taux du Livret A peut-il encore baisser ? +
Oui. Il est révisé chaque 1ᵉʳ février et 1ᵉʳ août selon une formule liée à l'inflation et aux taux courts. Il a fortement baissé depuis 2024 (de 3 % à 1,5 % début 2026), avant de remonter à 1,7 % au 1ᵉʳ août 2026, et pourra encore évoluer selon la conjoncture.
Livret A ou LDDS : lequel choisir ? +
Les deux : ils ont le même taux et la même fiscalité. On remplit en général le Livret A, puis on utilise le LDDS comme rallonge défiscalisée. Inutile d'hésiter, ils sont complémentaires.
Que faire quand le plafond est atteint ? +
Si ce n'est pas déjà fait, ouvrez l'autre livret (LDDS, ou LEP en cas d'éligibilité). Au-delà, pour l'argent sans besoin à court terme, l'orientation se fait vers des placements de plus long terme (assurance-vie, PEA…).
Les intérêts sont-ils vraiment exonérés ? +
Oui, totalement : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux. C'est l'un des rares placements où le taux affiché correspond exactement au gain net.
Sources & références
1 Ministère de l'Économie
Ministère de l'Économie · Nouveaux taux du Livret A et du LEP au 1ᵉʳ février 2026.
2 Service-Public
Service-Public · Livret A et LEP : baisse des taux à compter du 1ᵉʳ février 2026.
3 economie.gouv.fr
economie.gouv.fr · Livret de développement durable et solidaire (LDDS) : plafond, taux, fiscalité.
4 Banque de France
Banque de France · proposition de taux du gouverneur ; données d'encours et de détention.
Taux et plafonds vérifiés en juin 2026. Taux en vigueur du 1ᵉʳ février au 31 juillet 2026.
Cette page est fournie à titre informatif et pédagogique. Les taux des livrets réglementés sont fixés par les pouvoirs publics et évoluent dans le temps ; vérifiez toujours le taux en vigueur avant toute décision. Les informations présentées ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. La situation de chacun (revenus, fiscalité, objectifs) peut justifier des choix différents.